La nouvelle ligue lombarde.

Georgio, trésorier de la nouvelle ligue lombarde.

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             Devant les prétentions hégémoniques du chancelier du Reich, la droite italienne prend ses distances.

 

Le comte régnait sur une villa cossue assise sur les hauts de la ville, sa propriété se cachant derrière une frondaison épaisse et colorée, comme si le propriétaire eut souhaité la cacher de ses contemporains.

Dans la voiture, il pensait à l’inéluctable marche du temps. Voilà deux ans déjà. C’était précisément le soir du mariage de Giacomo. Son fils Ettore, psychologiquement perturbé, s’était suicidé au volant de la voiture de son frère. Le soir du mariage de Giacomo ! La date choisie n’était évidemment pas sans signification !

La vieille Panhard, épuisée par la montée, dessina comme à regret un dernier virage et se trouva arrêtée par une lourde grille noire dont les deux battants défendaient l’entrée de la propriété devinée au fond de l’allée.

Alberto signala l’arrivée de son maître en actionnant la cloche et un valet ouvrit les vantaux du portail dans de sinistres grincements.

— Elle est protégée comme un fortin militaire, cette maison !

Le chauffeur, qui n’en pensait pas moins, ne fit pas grand commentaires.

— Certainement, Monsieur, certainement… nous arrivons.

Francesco Cornaro, suivi de son majordome, apparut sur le perron pour accueillir son hôte.

— Mon cher Georgio, quel plaisir de vous recevoir ! Mais vous êtes seul, pourquoi Madame ne vous accompagne-t-elle pas ?

— Pourrez-vous un jour lui pardonner, mon cher Francesco ? Ma femme, la malheureuse, garde la chambre depuis deux jours. Elle tousse à tout rompre et son docteur nous affirme qu’elle souffre d’une méchante bronchite.

En réalité, Giovanna ne prisait guère ces interminables réunions où les femmes étaient reléguées comme des êtres futiles dans un salon réservé aux travaux d’aiguille.

— Entrez, mon cher Georgio, ne nous éternisons pas dehors car les soirées sont fraîches. Les autres sont arrivés, avec vous nous serons au complet.

Georgio pénétra dans le vaste salon d’apparat et salua les dix personnes assises autour de la table. Il connaissait tout le monde, tous ces notables étaient Italiens ou plutôt, précisaient-ils, : « Nous sommes Italiens du Nord ».

On pouvait reconnaître deux industriels de Turin, des commerçants de Milan et de gros propriétaires terriens de la vallée du Pô.

— Je vous en prie, Georgio, prenez place. Nous allons commencer l’ordre du jour.

Depuis six mois, ces messieurs avaient constitué les statuts d’une société politique dont le but déclaré était de faire renaître la Ligue lombarde, si puissante dans la péninsule au Moyen Âge.

— Nos belles provinces, si fertiles et habitées de travailleurs courageux sont dépossédées de leurs richesses par cette Italie du Sud où les gens sont plus adeptes de longues siestes que du travail bien fait !

— Nous mourons sous le poids des charges que nous imposent ces territoires improductifs. Dans ces régions, on ne se précipite pas pour labourer les champs, les hommes sont essentiellement occupés à s’entre-tuer entre familles ennemies et personne ne travaille. Nous en attendant, nous payons !

Cornaro s’employa à refroidir l’ardeur des comploteurs en frappant trois fois la table de son marteau caoutchouté.

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